Située dans le quartier de Richmond, à quelques kilomètres de London, cette maison s’inscrit dans une rue emblématique bordée, sur toute sa longueur, de maisons victoriennes homogènes. L’ensemble de la rue étant protégé au titre du patrimoine, le projet a fait l’objet d’un dialogue étroit avec les services municipaux afin de définir une intervention respectueuse du caractère historique du site tout en répondant aux exigences contemporaines de l’habiter.
D’architecture typiquement victorienne, la maison se développe sur quatre niveaux. L’intervention porte sur la rénovation du duplex situé entre le rez-de-chaussée et le rez-de-jardin, ainsi que sur la création d’une extension ouverte sur le jardin.
L’extension sur jardin trouve sa volumétrie dans le rythme de la façade existante. Les travées et les proportions des ouvertures sont reprises et réinterprétées dans un développement tridimensionnel qui organise le nouveau volume. Trois sous-volumes se succèdent en retrait progressif vers le jardin et la voie privative, générant un mouvement de façade et un jeu subtil de lumière et d’ombre. Ce glissement progressif confère au projet une profondeur et un relief qui prolongent et accentuent la lecture de la façade historique. Ce glissement progressif confère au projet une profondeur et un relief qui prolongent et accentuent la lecture de la façade historique.
Construite dans la même brique que l’existant, l’extension s’inscrit dans une continuité matérielle assumée. Les menuiseries en aluminium laqué noir reprennent, dans une lecture contemporaine, la tradition des éléments métalliques sombres caractéristiques des façades victoriennes. Deux ouvertures zénithales percées dans la toiture-terrasse apportent une lumière naturelle généreuse au cœur du plan et introduisent, depuis l’intérieur, des cadrages précis sur le ciel et la végétation du jardin.
À l’étage, les espaces de réception — cuisine, salle à manger et séjour — s’organisent dans une continuité fluide. La cuisine ouverte est pensée comme un véritable meuble d’architecture, prolongeant le langage du séjour à travers les mêmes matériaux, le même rythme et la même écriture formelle. Adossée au mur pignon, elle accompagne la profondeur du plan dans l’axe rue-jardin.