Extention. Richmond, Royaume-Unis, 01.2021-06.2022

client: privé, nature des travaux: rénovation et extension, surface : 160 m², niveau: 2

 

Le rez-de-jardin accueille quant à lui les espaces plus intimes : quatre chambres ainsi qu’un espace de jeu, directement reliés au jardin et à l’extension, renforçant la qualité domestique et familiale du projet.

Le projet s’appuie sur une lecture attentive de l’existant et de ses qualités architecturales. Il en préserve les éléments constitutifs tout en introduisant, à l’intérieur, une dualité d’écriture subtile qui structure l’ensemble de l’intervention. À l’étage, les codes de la maison victorienne sont réinterprétés avec finesse : moulures, cimaises, corniches et parquet en pointe de Hongrie prolongent l’esprit du lieu dans une écriture référencée, presque domestiquement classique.

En contraste, le rez-de-jardin développe une écriture plus abstraite et contemporaine. Ici, les détails architecturaux s’effacent au profit de surfaces nettes, de portes sans encadrement, de plinthes à joint creux et d’un parquet à larges lames posé à l’anglaise. La modernité de cet espace s’exprime par le travail de la lumière, des ombres et des cadrages, renforcé par l’introduction de lumières zénithales qui sculptent les volumes et accentuent la pureté des lignes.

Cette coexistence de deux langages — l’un référencé, l’autre abstrait — constitue le principe fondamental du projet. Elle se prolonge dans le traitement des ouvertures, dans la direction de pose du parquet et dans la matérialité même des espaces, affirmant une transition sensible entre les niveaux et leurs usages.

L’ensemble affirme ainsi une architecture de la continuité et du contraste maîtrisé, où patrimoine et contemporanéité coexistent dans un dialogue précis, mesuré et profondément spatial.

Située dans le quartier de Richmond, à quelques kilomètres de London, cette maison s’inscrit dans une rue emblématique bordée, sur toute sa longueur, de maisons victoriennes homogènes. L’ensemble de la rue étant protégé au titre du patrimoine, le projet a fait l’objet d’un dialogue étroit avec les services municipaux afin de définir une intervention respectueuse du caractère historique du site tout en répondant aux exigences contemporaines de l’habiter.

D’architecture typiquement victorienne, la maison se développe sur quatre niveaux. L’intervention porte sur la rénovation du duplex situé entre le rez-de-chaussée et le rez-de-jardin, ainsi que sur la création d’une extension ouverte sur le jardin.

L’extension sur jardin trouve sa volumétrie dans le rythme de la façade existante. Les travées et les proportions des ouvertures sont reprises et réinterprétées dans un développement tridimensionnel qui organise le nouveau volume. Trois sous-volumes se succèdent en retrait progressif vers le jardin et la voie privative, générant un mouvement de façade et un jeu subtil de lumière et d’ombre. Ce glissement progressif confère au projet une profondeur et un relief qui prolongent et accentuent la lecture de la façade historique. Ce glissement progressif confère au projet une profondeur et un relief qui prolongent et accentuent la lecture de la façade historique.

Construite dans la même brique que l’existant, l’extension s’inscrit dans une continuité matérielle assumée. Les menuiseries en aluminium laqué noir reprennent, dans une lecture contemporaine, la tradition des éléments métalliques sombres caractéristiques des façades victoriennes. Deux ouvertures zénithales percées dans la toiture-terrasse apportent une lumière naturelle généreuse au cœur du plan et introduisent, depuis l’intérieur, des cadrages précis sur le ciel et la végétation du jardin.

À l’étage, les espaces de réception — cuisine, salle à manger et séjour — s’organisent dans une continuité fluide. La cuisine ouverte est pensée comme un véritable meuble d’architecture, prolongeant le langage du séjour à travers les mêmes matériaux, le même rythme et la même écriture formelle. Adossée au mur pignon, elle accompagne la profondeur du plan dans l’axe rue-jardin.